Ondes électromagnétiques, risques et cancers

Journal Africain du Cancer / African Journal of Cancer, Sep 2014

A. Ly

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Ondes électromagnétiques, risques et cancers

Electromagnetic Waves Risks Cancers 0 ) Afrocancer , BP 60751, F-75827 Paris cedex 17, France e-mail : - Les applications qui dcoulent des nouvelles technologies faonnent chaque jour davantage notre environnement et modifient en profondeur nos vies tant sociales que professionnelles. Des outils tels que les ordinateurs, les fours micro-ondes, les tlphones portables, les tlvisions, les radiodiffusions, les imageries mdicales, les antennes satellites, sont devenus indispensables nos activits quotidiennes. Ces produits technologiques qui vont marquer durablement ce nouveau millnaire sont-ils sans risques sur la sant humaine et environnementale ? En effet, lexposition aux champs lectromagntiques suscite des inquitudes lgitimes quant leur nocivit et leurs proprits mutagnes et cancrignes [1-5]. Pourtant, beaucoup de connaissances ont t accumules sur leur nature et caractristiques physiques depuis leur dcouverte en 1888 par lallemand Heinrich Rudolf Hertz (1857-1894) [6]. Les rayonnements lectromagntiques sont reprsents sont la forme dondes lectromagntiques dont la propagation se fait aussi bien dans lair que dans le vide et la vitesse de la lumire dans ce dernier cas. Nul support matriel nest ncessaire pour cette propagation. Une onde lectromagntique est un flux dnergie qui ne transporte pas de matire. Elle est mise lors de la variation simultane du champ lectrique et du champ magntique. Le spectre lectromagntique est constitu dune multitude dondes dont les diffrents lments sont caractriss par leur longueur dondes, leur frquence et leur quantit dnergie (Fig. 1) [7,8]. Certaines de ces caractristiques font que des ondes sont potentiellement dltres pour la sant. Invisibles et imperceptibles, elles peuvent pntrer la matire vivante et provoquer des chocs thermiques, des lsions cellulaires et des altrations de lADN [4,5,9]. Les plus dangereuses sont celles qui sont au dbut du spectre lectromagntique, celles dont les longueurs dondes sont les plus courtes. En effet, plus la longueur donde est courte plus la frquence est leve et plus le rayonnement est nergtique. Ces rayonnements peuvent tre ionisants ou radioactifs et avoir des consquences sanitaires et environnementales trs dommageables [8,10,11]. Ainsi, il est tabli que les rayons gamma, les rayons X et les ultraviolets induisent des effets cellulaires nuisibles et gntoxiques explicatifs de leur pouvoir cancrigne [10-14]. Seulement, limagerie mdicale et la mdecine nuclaire (imagerie par rsonnance magntique [IRM], scintigraphie, radiographie, tomodensitomtrie ...) utilisent ces rayonnements des doses infratoxiques. De plus, la surexposition des patients des doses mme minimales est proscrite pour viter les effets cumulatifs des radiations. En revanche, la radiothrapie exploite ces proprits genotoxiques des fins curatives avec un contrle trs scuris sur les zones irradies, les doses et les temps dexposition [15-17]. Si les bnfices et risques associs lutilisation de certaines ondes lectromagntiques sont bien documents, il demeure des interrogations sur la dangerosit des ondes lectromagntiques dont les frquences sont comprises entre 9 KHz et 300 GHz. Ces ondes, les radiofrquences, sont gnres par les tlphones portables, le Wifi, les antennes relais ou les systmes didentification par radiofrquence (RFID) [1-3,5]. Les tudes scientifiques ralises ce jour ne sont pas concluantes. Nombre dentre elles sont contradictoires [18]. En mai 2011, le Centre international de la recherche sur le cancer (CIRC) a class ces ondes en catgorie 2B cest dire potentiellement cancrigne pour lHomme . Cette mesure a t prise la suite dune mta-analyse ralise par un groupe de spcialistes. Cette analyse dtaille des donnes actuelles de la littrature scientifique et mdicale a conclu quun risque accru de tumeurs crbrales (gliomes) peut tre associ lutilisation intensive des tlphones portables [3,19]. Les mcanismes de radiocancrogense en jeu restent non lucids mme si on sait que ces ondes sont non ionisantes comme la plupart des ondes du spectre lectromagntique. Ainsi, en absence de consensus et dexplications satisfaisantes et rationnelles sur les effets cancrignes des ondes lectromagntiques des radiofrquences, le principe de prcaution a t recommand [5,7,19]. Quelques annes auparavant, en 2002, le CIRC avait dj class dans la catgorie 2B (cancrignes possibles pour lHomme) les champs lectromagntiques dextrme basse frquence (CEM-EBF [-50Hz]) produits par les lignes lectriques trs haute tension cause de leurs rles souponns Fig. 1 Spectre des ondes lectromagntiques par des tudes pidmiologiques dans linduction de leucmies infantiles en cas de surexposition [20,20a]. Plus rcemment, ltude CERENAT, une tude cas-tmoins multicentrique dont lobjectif tait dvaluer le rle des tlphones portables dans ltiologie des tumeurs du systme nerveux central (gliome et mningiomes) a t mene par une quipe bordelaise. Elle conclut en labsence dassociation entre la survenue de tumeurs crbrales et lexposition aux radiofrquences mises par les tlphones portables. Toutefois, un lien de causalit, statistiquement significatif, a t trouv en cas de surexposition ces ondes et lmergence de gliomes et de mningiomes : 15h/mois dutilisation de tlphone portable pendant une priode mdiane de 5 ans multiplient les risques de gliome par 3 et de mningiome par 2,5. Les rsultats de cette tude sont donc conformes aux conclusions dtudes prcdentes sur les radiofrquences comme facteurs tiologiques potentiels de cancers [21]. Par ailleurs, une vaste tude internationale, ltude interphone , a abouti des rsultats discordants. Cependant, la tendance est plus marque vers labsence dassociation entre lutilisation des tlphones portables et les tumeurs de croissance rapide comme les gliomes. Pour les tumeurs croissance lente, le priode dobservation courte introduit des incertitudes sur labsence de liaison dcrite par certaines quipes. Mais une utilisation intensive de tlphone portable, cest dire plus de 30 mn/jour pendant 10 ans, augmente de 40 % les risques de developper un gliome [22-24]. En rsum, des recherches exprimentales aux mthodes agrgatives de synthse des donnes, ltat des lieux des connaissances montre une insuffisance la fois quantitative et qualitative double dune incohrence des rsultats [2,5,23- 25,29]. Malgr des limites mthodologiques et des biais, les diverses tudes sur les effets sanitaires des ondes lectromagntiques ont jou ce rle dalerte si primordial en prvention et gestions des risques de sant. Sagissant des tumeurs crbrales, bnignes ou malignes, leur localisation intracrnienne en fait des tumeurs de dcouverte tardive, ce qui aggrave leur pronostic [30]. Au plan mondial, les cancers du systme nerveux central (SNC) ont une incidence, tous sexes confondus, estime 3,4 cas pour 100 000 habitants avec une mortalit de 2,5 cas/100 000 habitants. Ce sont des cancers rares qui reprsentent 1,8 % (256 213 cas) des 14,1 millions de nouveaux cas enregistrs en 2012 [31]. Les gliomes qui se dvelop (...truncated)


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A. Ly. Ondes électromagnétiques, risques et cancers, Journal Africain du Cancer / African Journal of Cancer, 2014, pp. 189-193, Volume 6, Issue 4, DOI: 10.1007/s12558-014-0350-9