Ondes électromagnétiques, risques et cancers
Electromagnetic Waves
Risks
Cancers
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) Afrocancer
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Les applications qui dcoulent des nouvelles technologies
faonnent chaque jour davantage notre environnement et
modifient en profondeur nos vies tant sociales que
professionnelles. Des outils tels que les ordinateurs, les fours
micro-ondes, les tlphones portables, les tlvisions, les
radiodiffusions, les imageries mdicales, les antennes
satellites, sont devenus indispensables nos activits
quotidiennes. Ces produits technologiques qui vont marquer
durablement ce nouveau millnaire sont-ils sans risques sur la sant
humaine et environnementale ? En effet, lexposition aux
champs lectromagntiques suscite des inquitudes
lgitimes quant leur nocivit et leurs proprits mutagnes et
cancrignes [1-5]. Pourtant, beaucoup de connaissances
ont t accumules sur leur nature et caractristiques
physiques depuis leur dcouverte en 1888 par lallemand Heinrich
Rudolf Hertz (1857-1894) [6]. Les rayonnements
lectromagntiques sont reprsents sont la forme dondes
lectromagntiques dont la propagation se fait aussi bien dans lair que
dans le vide et la vitesse de la lumire dans ce dernier cas.
Nul support matriel nest ncessaire pour cette propagation.
Une onde lectromagntique est un flux dnergie qui ne
transporte pas de matire. Elle est mise lors de la variation
simultane du champ lectrique et du champ magntique. Le
spectre lectromagntique est constitu dune multitude
dondes dont les diffrents lments sont caractriss par
leur longueur dondes, leur frquence et leur quantit
dnergie (Fig. 1) [7,8]. Certaines de ces caractristiques font que
des ondes sont potentiellement dltres pour la sant.
Invisibles et imperceptibles, elles peuvent pntrer la matire
vivante et provoquer des chocs thermiques, des lsions
cellulaires et des altrations de lADN [4,5,9]. Les plus
dangereuses sont celles qui sont au dbut du spectre
lectromagntique, celles dont les longueurs dondes sont les plus courtes.
En effet, plus la longueur donde est courte plus la frquence
est leve et plus le rayonnement est nergtique. Ces
rayonnements peuvent tre ionisants ou radioactifs et avoir des
consquences sanitaires et environnementales trs
dommageables [8,10,11]. Ainsi, il est tabli que les rayons gamma,
les rayons X et les ultraviolets induisent des effets cellulaires
nuisibles et gntoxiques explicatifs de leur pouvoir
cancrigne [10-14]. Seulement, limagerie mdicale et la
mdecine nuclaire (imagerie par rsonnance magntique [IRM],
scintigraphie, radiographie, tomodensitomtrie ...) utilisent
ces rayonnements des doses infratoxiques. De plus, la
surexposition des patients des doses mme minimales est
proscrite pour viter les effets cumulatifs des radiations. En
revanche, la radiothrapie exploite ces proprits
genotoxiques des fins curatives avec un contrle trs scuris sur les
zones irradies, les doses et les temps dexposition [15-17].
Si les bnfices et risques associs lutilisation de
certaines ondes lectromagntiques sont bien documents, il
demeure des interrogations sur la dangerosit des ondes
lectromagntiques dont les frquences sont comprises entre 9
KHz et 300 GHz. Ces ondes, les radiofrquences, sont
gnres par les tlphones portables, le Wifi, les antennes relais
ou les systmes didentification par radiofrquence (RFID)
[1-3,5]. Les tudes scientifiques ralises ce jour ne sont
pas concluantes. Nombre dentre elles sont contradictoires
[18]. En mai 2011, le Centre international de la recherche
sur le cancer (CIRC) a class ces ondes en catgorie 2B cest
dire potentiellement cancrigne pour lHomme . Cette
mesure a t prise la suite dune mta-analyse ralise par
un groupe de spcialistes. Cette analyse dtaille des
donnes actuelles de la littrature scientifique et mdicale a
conclu quun risque accru de tumeurs crbrales (gliomes)
peut tre associ lutilisation intensive des tlphones
portables [3,19]. Les mcanismes de radiocancrogense en jeu
restent non lucids mme si on sait que ces ondes sont non
ionisantes comme la plupart des ondes du spectre
lectromagntique. Ainsi, en absence de consensus et dexplications
satisfaisantes et rationnelles sur les effets cancrignes des
ondes lectromagntiques des radiofrquences, le principe
de prcaution a t recommand [5,7,19].
Quelques annes auparavant, en 2002, le CIRC avait dj
class dans la catgorie 2B (cancrignes possibles pour
lHomme) les champs lectromagntiques dextrme basse
frquence (CEM-EBF [-50Hz]) produits par les lignes
lectriques trs haute tension cause de leurs rles souponns
Fig. 1 Spectre des ondes lectromagntiques
par des tudes pidmiologiques dans linduction de
leucmies infantiles en cas de surexposition [20,20a]. Plus
rcemment, ltude CERENAT, une tude cas-tmoins
multicentrique dont lobjectif tait dvaluer le rle des tlphones
portables dans ltiologie des tumeurs du systme nerveux
central (gliome et mningiomes) a t mene par une quipe
bordelaise. Elle conclut en labsence dassociation entre la
survenue de tumeurs crbrales et lexposition aux
radiofrquences mises par les tlphones portables. Toutefois, un
lien de causalit, statistiquement significatif, a t trouv
en cas de surexposition ces ondes et lmergence de
gliomes et de mningiomes : 15h/mois dutilisation de tlphone
portable pendant une priode mdiane de 5 ans multiplient
les risques de gliome par 3 et de mningiome par 2,5. Les
rsultats de cette tude sont donc conformes aux conclusions
dtudes prcdentes sur les radiofrquences comme
facteurs tiologiques potentiels de cancers [21].
Par ailleurs, une vaste tude internationale, ltude
interphone , a abouti des rsultats discordants. Cependant, la
tendance est plus marque vers labsence dassociation entre
lutilisation des tlphones portables et les tumeurs de
croissance rapide comme les gliomes. Pour les tumeurs
croissance lente, le priode dobservation courte introduit des
incertitudes sur labsence de liaison dcrite par certaines
quipes. Mais une utilisation intensive de tlphone
portable, cest dire plus de 30 mn/jour pendant 10 ans,
augmente de 40 % les risques de developper un gliome [22-24].
En rsum, des recherches exprimentales aux mthodes
agrgatives de synthse des donnes, ltat des lieux des
connaissances montre une insuffisance la fois quantitative
et qualitative double dune incohrence des rsultats
[2,5,23- 25,29]. Malgr des limites mthodologiques et des
biais, les diverses tudes sur les effets sanitaires des ondes
lectromagntiques ont jou ce rle dalerte si primordial en
prvention et gestions des risques de sant.
Sagissant des tumeurs crbrales, bnignes ou malignes,
leur localisation intracrnienne en fait des tumeurs de
dcouverte tardive, ce qui aggrave leur pronostic [30]. Au plan
mondial, les cancers du systme nerveux central (SNC) ont
une incidence, tous sexes confondus, estime 3,4 cas pour
100 000 habitants avec une mortalit de 2,5 cas/100 000
habitants. Ce sont des cancers rares qui reprsentent 1,8 %
(256 213 cas) des 14,1 millions de nouveaux cas enregistrs
en 2012 [31]. Les gliomes qui se dvelop (...truncated)