Cesare Cuttica & Glenn Burgess, eds., Monarchism and Absolutism in Early Modern Europe
XVII-XVIII
Revue de la Société d’études anglo-américaines des
XVIIe et XVIIIe siècles
70 | 2013
Autour du rire
Cesare CUTTICA & Glenn BURGESS, eds., Monarchism
and Absolutism in Early Modern Europe
London, Pickering & Chatto, 2012, Political and Popular Culture in the
Early Modern Period Series, Number 4, ISBN 978-1-84893-198-5
Pierre Lurbe
Édition électronique
URL : http://journals.openedition.org/1718/550
ISSN : 2117-590X
Éditeur
Société d'études anglo-américaines des XVIIe et XVIIIe siècles
Édition imprimée
Date de publication : 31 décembre 2013
Pagination : 356-359
ISBN : 978-2-9536021-5-9
ISSN : 0294-3798
Référence électronique
Pierre Lurbe, « Cesare CUTTICA & Glenn BURGESS, eds., Monarchism and Absolutism in Early Modern Europe
», XVII-XVIII [En ligne], 70 | 2013, mis en ligne le 01 août 2016, consulté le 23 septembre 2019. URL :
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Cesare Cuttica & Glenn Burgess, eds., Monarchism and Absolutism in Early Mode...
Cesare CUTTICA & Glenn BURGESS, eds.,
Monarchism and Absolutism in Early
Modern Europe
London, Pickering & Chatto, 2012, Political and Popular Culture in the
Early Modern Period Series, Number 4, ISBN 978-1-84893-198-5
Pierre Lurbe
RÉFÉRENCE
CUTTICA, Cesare & Glenn BURGESS, eds. – Monarchism and Absolutism in Early Modern
Europe. London : Pickering & Chatto, 2012. Political and Popular Culture in the Early
Modern Period Series, Number 4. xiii +297 pp. ISBN : 978-1-84893-198-5
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Ce volume regroupe les actes d’un colloque tenu à l’université du Sussex les 13 et 14
juillet 2010, dont l’intitulé, plus complet et plus explicite que le titre qui a été retenu
pour la publication, était le suivant : « Absolutism, Monarchism and Despotism :
Historiographical Issues and Theoretical Developments in the Seventeenth and
Eighteenth Centuries in European Context ». Comme l’expliquent Cesare Cuttica et
Glenn Burgess dans la très dense introduction qui ouvre le recueil (1-17), ce colloque –
dont ils étaient les co-organisateurs – correspondait à un projet scientifique précis. Il
s’agissait de réfléchir à nouveaux frais à la notion d’« absolutisme », concept qui est le
véritable centre de gravité de l’ouvrage, en se démarquant nettement des trois
manières traditionnelles de l’aborder : le point de vue « conservateur », qui y voit un
phénomène qui a toujours existé ; le point de vue marxiste, qui le décrit en termes
d’époque de transition entre le féodalisme et le capitalisme ; le point de vue
« révisionniste » (au sens anglais du terme), selon lequel le concept est vide de sens car
il n’y eut tout simplement pas d’absolutisme (1). C. Cuttica et G. Burgess proposent, non
pas d’élaborer un nouveau point de vue général et englobant, mais plus modestement,
d’analyser la pensée politique de la première modernité telle qu’elle s’exprimait dans
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Cesare Cuttica & Glenn Burgess, eds., Monarchism and Absolutism in Early Mode...
divers pays d’Europe, dans des contextes historiques variés. Il ne s’agit donc pas de
découvrir ce qui constituerait l’« essence » de l’« absolutisme » mais d’en interroger les
configurations possibles, selon les lieux, les époques et les penseurs, en replaçant la
notion dans le champ beaucoup plus vaste du lexique politique au sein duquel elle se
définit, par comparaison et confrontation avec d’autres termes. Les « éditeurs »
prennent d’entrée de jeu la précaution méthodologique de rappeler, en citant Lovejoy,
que les mots en -isme sont des composés complexes agrégeant différents éléments de
signification et non des termes simples au sens figé et univoque.
2
L’ouvrage comporte quatorze études, organisées en quatre parties qui croisent
approches thématique, chronologique, et géographique. On constate toutefois avec un
certain étonnement que cette division, qu’annonce pourtant clairement la table des
matières, n’est pas reprise dans le corps même du livre, où les articles se suivent en
continu, sans qu’il soit jamais signalé que l’on passe d’une partie à l’autre. Pour
s’arrêter encore un instant sur la question de l’organisation du volume, on peut
regretter que les articles dont la teneur est la plus nettement théorique (ceux de
Johann P. Sommerville et de Glenn Burgess) ne figurent que dans la troisième partie,
alors qu’il eût semblé plus logique et plus éclairant de les placer juste après
l’introduction. Sur les quatorze articles que compte le recueil, sept concernent
l’Angleterre ou la Grande-Bretagne, et même si les considérations comparatistes n’en
sont évidemment pas absentes (l’espace considéré est bien celui de l’Europe), c’est à
ceux-là que nous nous intéresserons.
3
Comme son titre l’indique, l’ensemble de la première partie concerne bien l’Angleterre,
mais pas seulement l’Angleterre du xviie siècle. Le premier article, dû à Janet Coleman,
porte en effet essen-tiellement sur le XIVe siècle, et spécifiquement sur le règne
controversé de Richard II. Dans « Royalist Absolutism in the 1650s : The case of Robert
Sheringham » (33-46), Edward Vallance se livre à une étude de cas extrêmement
minutieuse, pour montrer les redoutables ambiguïtés que recèlent les termes de
« royalisme » et d’« absolutisme ». Dans le cas de Sheringham, ni l’une, ni l’autre de ces
étiquettes, qui lui sont pourtant couramment attribuées et qui sont corrélées l’une à
l’autre, ne permet vraiment de définir adéquatement la place qui était la sienne dans le
paysage politique : plutôt « political Presbyterian » (39) que vraiment royaliste, et trop
respectueux de la common law pour être véritablement absolutiste, Sheringham échappe
aux classifications faciles. E. Vallance conclut de cet examen qu’il est impossible de
soutenir qu’il y aurait un lien naturel, et symbiotique, entre royalisme anglais et
absolutisme (46). Pour sa part, Gaby Mahlberg se concentre sur deux grandes figures du
républicanisme anglais, Algernon Sidney et Henry Neville, pour souligner, d’une part
leur commune opposition au patriarcalisme filmérien, et pour montrer d’autre part que
par-delà leurs divergences, tous deux défendaient l’idée qu’un pouvoir monarchique
dûment borné et contrôlé par des lois n’était pas incompatible avec la république
(« Patriarchalism and the Monarchical Republicans », 47-60).
4
Dans un article très argumenté et très dense (« Early Modern Absolutism in Practice
and Theory », 117-30), Johann P. Sommerville revient sur le débat historiographique
concernant la nature de l’absolutisme. À la vision traditionnelle qui voit dans
l’absolutisme une forme absolue du pouvoir royal et d’un pouvoir qui n’aurait eu de
cesse de réduire et d’asservir les élites locales, il préfère la vision plus récente qui
souligne à l’inverse que les rois dits absolus, à commencer par Louis XIV, s’appuyèrent
toujours sur les relais traditionnels au sein de la sociét (...truncated)