Le révolutionnaire qui alluma la mèche : Ahmed Niyazi Bey de Resne

Cahiers Balkaniques, Jan 2012

Although the elites prepared the Young Turks Revolution of 1908 and provided it strength in the big Ottoman cities, it couldn’t have been possible without the direct involvement of the army. Son of Abdullah Ağa, an Albanian notable and born in Resne (Resen), Ahmed Niyazi (1873-1913), who was the first to go underground, is a hero of this Revolution and a hero of the Greco-Turk war of 1897. He was highly praised alongside Enver Paşa who probably took umbrage at him and whose close friends murdered him.

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Le révolutionnaire qui alluma la mèche : Ahmed Niyazi Bey de Resne

Cahiers balkaniques 40 | 2012 Jeunes-Turcs en Macédoine et en Ionie Le révolutionnaire qui alluma la mèche : Ahmed Niyazi Bey de Resne Niyazi Bey from Resne: the Revolutionary who lit the Fuse Fitili Ateşleyen İhtilâlci : Resne’li Niyazi Bey Faruk Bilici Édition électronique URL : http://journals.openedition.org/ceb/1052 DOI : 10.4000/ceb.1052 ISSN : 2261-4184 Éditeur INALCO Édition imprimée Date de publication : 9 janvier 2012 ISSN : 0290-7402 Référence électronique Faruk Bilici, « Le révolutionnaire qui alluma la mèche : Ahmed Niyazi Bey de Resne », Cahiers balkaniques [En ligne], 40 | 2012, mis en ligne le 31 mars 2012, consulté le 30 avril 2019. URL : http:// journals.openedition.org/ceb/1052 ; DOI : 10.4000/ceb.1052 Ce document a été généré automatiquement le 30 avril 2019. Cahiers balkaniques est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International. Le révolutionnaire qui alluma la mèche : Ahmed Niyazi Bey de Resne Le révolutionnaire qui alluma la mèche : Ahmed Niyazi Bey de Resne Niyazi Bey from Resne: the Revolutionary who lit the Fuse Fitili Ateşleyen İhtilâlci : Resne’li Niyazi Bey Faruk Bilici 1 Si la Révolution jeune-turque a été préparée et alimentée par des élites dans les grandes villes ottomanes (Istanbul, Salonique, Izmir), mais aussi par des intellectuels opposants, réfugiés à Paris, à Genève ou encore au Caire, sans l’implication directe et sur le terrain de l’armée, elle n’aurait probablement pas pu avoir lieu1. Or, le rôle de la Troisième armée basée en Macédoine, et plus particulièrement celui d’un certain nombre de jeunes officiers, fut déterminant. En effet, l’armée ottomane est le lieu par excellence de la mise en application des « utopies » positivistes des officiers formés dans les meilleures écoles de l’empire. C’est une formation basée, surtout à partir des années 1880, sur de nouvelles solidarités impersonnelles visant à créer, non pas une allégeance à la dynastie ottomane, mais un nouveau type de citoyen voué à « sauver la patrie ». Formés par les meilleurs enseignants, dont nombre sont d’origine étrangère, parlant des langues occidentales, en contact avec la littérature et les sciences européennes, les cadets ottomans d’extraction souvent populaire méprisent toute la vieille garde et le moule hiérarchique fondé sur la relation maître / serviteur. Devant l’effritement de l’empire engendré par chaque guerre, les dépenses excessives d’argent emprunté à grands frais aux organismes financiers occidentaux, la corruption généralisée autour du palais, l’impuissance politique pour répondre aux aspirations politiques des couches sociales et ethniques, l’officier ottoman éprouve naturellement des sentiments de contestation. 2 L’un d’entre eux, Halil Pacha, résume l’état d’esprit de cette génération d’officiers : « La gestion imbécile du palais nous créait tous les jours de nouvelles catastrophes. Si nous ne donnions pas une nouvelle forme à la direction de l’État, ce désordre pouvait continuer encore des années [...] Cela n’avait pas de fin et l’État se perdait. Si nous, nous ne tendions pas la main à la patrie avec intelligence, qui pouvait le faire [...] ? L’idée de faire disparaître Cahiers balkaniques, 40 | 2012 1 Le révolutionnaire qui alluma la mèche : Ahmed Niyazi Bey de Resne l’influence du palais, et la remplacer par la main puissante du peuple était ancrée dans nos têtes depuis les bancs de l’école »2. Niyazi : de la Guerre turco-grecque à la Révolution jeune-turque 3 C’est à la biographie de l’un de ces officiers ottomans, « prêts à faire disparaître l’influence d’Abdülhamid et à la remplacer par la main du peuple » que cette étude est consacrée. Niyazi Bey 4 Après le traité de Berlin, près de la moitié de l’armée ottomane est mobilisée pour la défense des vilayets de la Macédoine, la totalité de la Troisième armée (basée parfois à Salonique, parfois à Monastir), fondée en 1843, une partie de la Deuxième armée (basée à Edirne) ainsi que différentes unités prélevées sur les autres armées, affaiblissant ainsi dangereusement la défense des régions anatoliennes et arabes. Cette Troisième armée, chargée de protéger les provinces balkaniques contre les nouveaux États hostiles à l’Empire ottoman, était également chargée d’assurer la sécurité à l’intérieur des territoires appartenant à l’empire, malgré la présence de la gendarmerie, de la police et des gardes champêtres. De plus, les soldats recrutés pour cette Troisième armée étaient essentiellement originaires des Balkans, autrement dit, ils vivaient quotidiennement les conflits régionaux, voire familiaux, avec les populations chrétiennes locales. 5 Par ailleurs, les meilleurs officiers, diplômés de l’Académie militaire, de l’École de guerre ou des écoles militaires allemandes étaient affectés à la Troisième armée. Instruits et ouverts aux idées libérales, ces officiers allaient poser le problème des inégalités, des Cahiers balkaniques, 40 | 2012 2 Le révolutionnaire qui alluma la mèche : Ahmed Niyazi Bey de Resne dysfonctionnements dans l’armée, des problèmes d’identité nationale des populations non-musulmanes contre lesquelles ils devaient lutter. 6 Devenu chronique depuis la guerre de Crimée (1853-1856), le retard, ou même le nonversement, des salaires des officiers de l’armée et de la gendarmerie, est le premier grief que soldats et officiers expriment à travers les manifestations et les mutineries tout au long du dernier quart du XIXe siècle. Cette injustice est devenue encore plus flagrante à partir de 1903, lorsque la Macédoine est divisée en cinq zones de sécurité où les contingents de gendarmes étrangers devaient travailler avec les gendarmes ottomans dont une bonne partie venait de l’armée régulière. Considérée comme une intervention détournée, cette présence étrangère était surtout perçue comme un soutien aux populations chrétiennes exercé au détriment des populations musulmanes. De plus, les écarts de salaires entre les officiers du rang et ceux de la gendarmerie étaient flagrants. À cela il fallait ajouter également les écarts importants entre les salaires des officiers étrangers et ceux des officiers ottomans. 7 Ahmed Niyazi exprime ce malaise dans ses « mémoires » : « [Devant l’emprise des officiers et agents étrangers sur les affaires de sécurité et des finances], le rôle du pacha inspecteur général (Hüseyin Hilmi Pacha) n’était autre que de satisfaire le désir du palais et des étrangers, il le faisait au-delà des capacités humaines. Après l’insurrection générale et violente et de 1319 (1903), la réponse du gouvernement ottoman n’a pas tardé. Mais cette insurrection fut une belle leçon pour les Bulgares qui avaient atteint leur objectif politique et moral. De toute façon, ils avaient compris qu’ils ne pouvaient pas faire plus. Après cela, on a procédé à la réforme de la gendarmerie et on a même obtenu de bons résultats. Mais en réalité, (...truncated)


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Faruk Bilici. Le révolutionnaire qui alluma la mèche : Ahmed Niyazi Bey de Resne, Cahiers Balkaniques, 2012, Issue 40, DOI: 10.4000/ceb.1052