L’oncogériatrie: une approche spécifique de la prise en charge des cancers du sujet âgé

Les cahiers de l'année gérontologique, Mar 2011

P. Chassagne

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L’oncogériatrie: une approche spécifique de la prise en charge des cancers du sujet âgé

P. Chassagne 0 ) Service de mdecine interne griatrique , CHU de Rouen, 1, rue du Germont, F-76031 Rouen, France e-mail : Geriatric oncology: a specific approach to cancer support in the elderly - Loncogriatrie nest pas une discipline mais une collaboration troite et renforce entre les praticiens griatres avec les acteurs de soins de la prise en charge des cancers qui affectent les sujets gs. lexemple des collaborations pluridisciplinaires entreprises avec les nphrologues (problmatique de lpuration extrarnale des sujets gs), avec les chirurgiens (prise en charge partage de la fracture de lextrmit suprieure du fmur), des rflexions stratgiques font collaborer dsormais les griatres avec les oncologues et cela afin doptimiser la qualit des soins ddis aux malades gs pris en charge pour un cancer. Cette problmatique a t initie pour des raisons pidmiologiques. Le cancer est une maladie qui touche plus volontiers les sujets gs. titre dexemple, la probabilit de survenue dun cancer colique ou rectal est multiplie par 11 aprs 65 ans. Loncogriatrie a aussi t promue en raison de la complexit des traitements anticancreux combinant chirurgie, radiothrapie, chimiothrapie adjuvante ou palliative, thrapies cibles Quelles que soient ces options thrapeutiques qui sont quotidiennement proposes des sujets gs, peu de donnes ont rellement t tablies sur des cohortes consquentes de malades gs. Pour la plupart, les essais cliniques qui sont lorigine de la validation et de lapplication de ces protocoles nont t conduits que chez des sujets gs en moyenne de 65 ans. Les rsultats de ces traitements, en termes de survie, de prservation de la qualit de vie ou des capacits fonctionnelles du malade, sont parfois mdiocres dans cette population de malades gs traits pour un cancer. Ces checs sont lis de multiples raisons qui vont de limpact des comorbidits (ou multimorbidit) sur la tolrance des traitements, au risque accru daccidents iatrognes des traitements anticancreux, sans oublier la difficile valuation pralable de lesprance de vie des sujets aprs 75, voire 80 ans. En 2005, linitiative de lINCa, des quipes pilotes doncogriatrie ont t cres. Ces quipes avaient une triple mission : la diffusion dinformations et de formations tous les partenaires impliqus dans le traitement des cancers des sujets gs, lamlioration de la qualit des soins proposs ces malades et enfin le dveloppement de recherches thmatiques. Quelques annes plus tard, il est incontestable que la dynamique de loncogriatrie est relle. Cependant, cette collaboration avec les oncologues et la sollicitation des griatres restent trs htrogne selon les territoires de sant ou selon la nature des tablissements de soins publics ou privs. Les problmatiques abordes dans ce numro des Cahiers de lanne grontologique illustrent plusieurs aspects de cette collaboration oncogriatrique. Parmi les particularits smiologiques des sujets gs figurent : la polypathologie, la rduction potentielle prcoce des capacits fonctionnelles, la prise en charge ncessairement globale mdicopsychosociale du sujet et enfin lidentification et la gestion des conditions dnommes syndromes griatriques. Lvaluation fonctionnelle globale grontologique est une constante fondamentale du succs des soins appliqus aux personnes ges quil sagisse de la cancrologie ou dune autre discipline. LEGS fait partie des pratiques utiles promouvoir au stade initial du traitement de la maladie lorsque sont, par exemple, dcides en RCP, les options thrapeutiques. Reprer la dpendance, dpister la fragilit, mesurer la perte fonctionnelle constituent des missions incontournables avant et aprs linitiation dun projet thrapeutique en cancrologie pour en mesurer objectivement la pertinence et le rsultat. Deux des articles soumis dans ce numro dcrivent les donnes et les expriences actuelles menes par certains centres experts pour apprhender, en pratique, ces caractristiques. Comme cela a t dit, les syndromes griatriques constituent galement une condition propre du sujet g comme le dfinissent les griatres. Un syndrome griatrique, dont la confusion est un exemple, est une entit trs frquente, relevant de plusieurs causes ou mcanismes intriqus et ayant des consquences en termes de morbimortalit svres. La prise en charge dune confusion est ainsi ncessairement multidisciplinaire car multidimensionnelle. Lexprience de la prise en charge de la confusion postopratoire en unit de chirurgie aprs une intervention oncologique, comme celle rapporte dans ce numro, doit tre connue et largement relaye. Enfin, la prise en charge des soins prodigus aux malades gs, traits pour un cancer, intgre dsormais, comme pour les sujets jeunes, les soins de support. Ces soins de support, appliqus aux malades gs, sont fondamentaux. Ils intgrent notamment la dimension sociale et la difficile valuation dans cette population, de syndromes tels que douleur ou fatigue si frquents en cancrologie. Les soins de support permettent daborder la future tape de loncogriatrie, savoir le suivi des malades ayant un antcdent de cancer trait. Le suivi constitue un des objectifs principaux du Plan cancer II. Il ncessite une coordination renforce de tous les acteurs du suivi : oncologues, mdecins gnralistes, griatres, aide formelle et informelle, aidants naturels. Ce challenge est un nouvel axe de dveloppement pour les futures annes de loncogriatrie. (...truncated)


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P. Chassagne. L’oncogériatrie: une approche spécifique de la prise en charge des cancers du sujet âgé, Les cahiers de l'année gérontologique, 2011, pp. 3-4, Volume 3, Issue 1, DOI: 10.1007/s12612-011-0175-4