Référentiels (en Soins Oncologiques de Support) : rien ne doit s’arrêter, mais rien n’est gagné…
Oncologie (2015) 17:409-410
DOI 10.1007/s10269-015-2552-x
ÉDITORIAL / EDITORIAL
Référentiels (en Soins Oncologiques de Support) : rien ne doit s’arrêter,
mais rien n’est gagné…
Guidelines (for Supportive Care in Oncology): nothing must stop, but nothing is won…
I. Krakowski
© Lavoisier SAS 2015
Rappelons-le : les soins oncologiques de support sont
« l’ensemble des soins et soutiens nécessaires aux personnes
malades, conjointement aux traitements spécifiques, lorsqu’il y en a tout au long des maladies graves » (CIRCULAIRE N° DHOS/SDO/2005/101 du 22 février 2005 relative à l’organisation des soins en cancérologie).
Rappelons-le : l’AFSOS (Association Francophone pour
les Soins Oncologiques de Support), créée en 2008, est une
société savante qui se veut une plateforme d’échange au sein
de la cancérologie francophone pour les équipes dédiées aux
soins oncologiques spécifiques et celles dédiées aux soins
oncologiques de support. Mutualiser les compétences dans
les nombreux domaines des soins de support pour promouvoir la mise en œuvre de ces soins. Ses missions se déclinent
autour de trois domaines de réflexion : organisation des soins
dans les établissements et en ville ; prise en charge des symptômes à toutes les phases de la maladie ; qualité de vie des
professionnels et des patients. Et c’est tout naturellement que
la production de référentiels de bonne pratique est devenu un
enjeu majeur pour l’AFSOS, afin de répondre au deuxième
objectif : « prise en charge des symptômes à toutes les phases
de la maladie ».
Rappelons-le : les référentiels de bonnes pratiques sont
des documents synthétiques basés sur des textes concis et
des arbres décisionnels. Ils sont un outil d’aide à la prise
en charge diagnostique, thérapeutique et de suivi. Des groupes de travail pluridisciplinaires élaborent ces référentiels et
les actualisent à partir des recommandations nationales et/ou
internationales disponibles (HAS/INCa, sociétés savantes)
ainsi qu’à partir des réunions de consensus et des pratiques
des experts. Les référentiels permettent ainsi d’harmoniser
les pratiques habituelles dans un domaine thérapeutique
donné et lorsqu’ils sont appliqués de traiter tous les patients
I. Krakowski (*)
Président de l’Association Francophone pour
les Soins Oncologiques de Support – AFSOS
Institut Bergonié, 229, cours de l’Argonne,
CS 61283, F-33076, Bordeaux Cedex, France
e-mail :
d’un même territoire avec les mêmes chances de succès. La
méthode utilisée pour l’élaboration des référentiels interrégionaux (RIR) en soins de support est proche de celle
expérimentée depuis 2006 par les réseaux régionaux de cancérologie (RRC) des cinq régions du Grand-Est avec la Lorraine en chef de file. Les RRC de métropole et d’Outre-mer
ainsi que l’ACORESCA (Association des Coordinateurs de
Réseau de Cancérologie) sont largement mis à contribution.
Le RRC met à disposition les recommandations nationales
et/ ou internationales existantes ainsi que la littérature scientifique récente ; les outils collaboratifs permettant le travail
des groupes : locaux pour réunions, numéro de conférence
téléphonique, logiciel de web conférence ou d’édition de
logigramme… Il s’agit donc avant tout d’une démarche
interrégionale à l’origine. Les référentiels sont encore insuffisamment connus puisqu’ils ne sont pas partout… Mais ils
deviennent naturellement nationaux et ouvert à la francophonie et il s’agit là de la meilleure des reconnaissances…
Rappelons-le : les référentiels de ce numéro ne sont que
le reflet d’une production importante. Ils ont été choisis pour
donner une idée de la variété des référentiels disponibles. La
liste des RIR en soins oncologiques de support est actuellement disponible sur le site de l’AFSOS (www.afsos.org) et
sur l’application mobile « ONCOLOGIK » (IOS et Android)
mise à disposition gratuitement par le RRC ONCOLOR.
Elle est à ce jour riche de 50 référentiels environ. Que soient
ici sincèrement remerciés les coordinateurs et les professionnels impliqués même s’ils trouvent eux-mêmes beaucoup de
satisfaction à participer comme ils en témoignent lors des
journées annuels référentiels réseaux - J2R de l’AFSOS.
Rappelons-le surtout : les référentiels pourraient être
plus nombreux, mobiliser et passionner plus d’experts, s’implémenter beaucoup plus largement, être actualisés plus
régulièrement, surtout améliorer les soins de bien plus de
malades… Les institutions n’ont pas les moyens humains
et financiers pour produire dans un temps raisonnable tous
les référentiels. Les référentiels des sociétés savantes, tous
financés indirectement par l’industrie, sont toujours considérés comme inutilisables par les autorités, notamment depuis
410
cette scandaleuse affaire Servier. Le « tous dans le même
sac » fait ici aussi ses ravages et conduit à une insuffisance
voire un immobilisme délétère, au « plutôt rien que le canard
enchaîné »… Les exigences parfaitement légitimes en termes de transparence des liens d’intérêts, mais considérées
par beaucoup comme inadaptées, font que la production de
référentiels en cancérologie est très insuffisante. Des recommandations ou référentiels internationaux construits sur des
méthodologies moins performantes, par des experts beaucoup moins « contrôlés » s’imposent en France au détriment
des productions de sociétés savantes nationales de meilleure
qualité… La transparence doit rester une exigence ; elle peut
être optimisée ; elle ne peut constituer à elle seule un gardefou parfait. La méthodologie d’élaboration et de validation
des référentiels doit compléter ce garde-fou et permettre de
ne plus exclure les productions des sociétés savantes répondant à la méthodologie rigoureuse et validée attendue par les
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autorités et les malades. Élargir le nombre de professionnels
participants à ces référentiels comme rédacteurs ou relecteurs, plutôt que les construire avec un nombre limité d’experts même « bien sélectionnés », est une excellente
méthode. Elle permet certainement de compenser l’influence
et/ou les convictions de l’un ou l’autre – convictions inévitables liées à la condition humaine –, d’avoir des référentiels
aussi proches du terrain que possible, de les implémenter par
un grand nombre « d’apôtres » issus de toutes les régions,
dès leur élaboration…
Rappelons-le enfin : rien ne serait possible sans l’équipe
de médecins méthodologistes de la Commission Réseaux
Recommandations Référentiels de l’AFSOS (C3R) : Dr
Fabienne Empereur (Nantes), Dr Véronique Block (Nantes),
Dr Nicolas Jovenin (Reims), Dr Fadila Farsi (Lyon), Dr Isabelle Klein (Nancy). Qu’ils soient ici très sincèrement remerciés et surtout écoutés…
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