Marcus Tomalin, The French Language and British Literature, 1756-1830
XVII-XVIII
Revue de la Société d’études anglo-américaines des
XVIIe et XVIIIe siècles
75 | 2018
La Couleur
MARCUS TOMALIN, The French Language and British
Literature, 1756-1830
London and New York: Routledge, 2016. viii + 256 pp. ISBN
978-1-472-46538-2
Isabelle Bour
Édition électronique
URL : http://journals.openedition.org/1718/1477
ISSN : 2117-590X
Éditeur
Société d'études anglo-américaines des XVIIe et XVIIIe siècles
Référence électronique
Isabelle Bour, « MARCUS TOMALIN, The French Language and British Literature, 1756-1830 », XVII-XVIII [En
ligne], 75 | 2018, mis en ligne le 31 décembre 2018, consulté le 23 septembre 2019. URL : http://
journals.openedition.org/1718/1477
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Marcus Tomalin, The French Language and British Literature, 1756-1830
MARCUS TOMALIN, The French Language
and British Literature, 1756-1830
London and New York: Routledge, 2016. viii + 256 pp. ISBN
978-1-472-46538-2
Isabelle Bour
RÉFÉRENCE
TOMALIN, MARCUS. – The French Language and British Literature, 1756-1830. London and
New York : Routledge, 2016. viii + 256 pp. ISBN 978-1-472-46538-2
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Le titre de cet ouvrage ne donne pas une juste idée de son contenu, pas plus que le texte
de la quatrième de couverture. En effet, s’il y est question de la langue française, il y a
aussi de longs développements sur la poésie française ; quant au terme de littérature, il
est pris dans une acception extrêmement élastique : l’auteur dit lui-même qu’il inclut,
outre « canonical poems, plays, and novels », « [e]ssays, philosophical memoirs,
translations, anthologies, dictionaries, and so on » (19). Tomalin examine certains
aspects de l’interaction entre les langues et les cultures française et anglaise dans
divers textes de la période de référence. Souhaitant probablement montrer la
cohérence du propos, il multiplie les annonces de la thématique des chapitres à venir et
les rappels des points traités dans les chapitres passés. Il demeure que l’ouvrage n’est
pas informé par une thématique clairement définie et qu’il ne présente pas de thèse
interprétative englobante.
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Les trois derniers chapitres proposent des analyses plus nouvelles que les quatre
premiers. Dans le premier chapitre sont évoquées les traductions de trois auteurs –
Smollett, Cowper et Keats. On peut s’interroger sur le bien-fondé de l’inclusion de
Keats, qui a traduit un seul sonnet de Ronsard et écrit deux vers en français. Ces deux
vers donnent lieu à une pleine page de spéculations, où l’on relève les expressions : « it
is impossible to determine », « Keats’s written French is likely to contain », « this seems
less likely », « another possibility, therefore », « it is possible of course », « seems the
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Marcus Tomalin, The French Language and British Literature, 1756-1830
most possible ». Les considérations sur la graphie « mercy » dans le titre La Belle dame
sans mercy semblent ténues. L’argumentation sur le choix du mètre fait par Keats laisse
perplexe ; à propos du sonnet « Nature ornant Cassandre » écrit en décasyllabes par
Ronsard, Tomalin dit en effet de Keats : « he chose to create a decasyllabic sonnet
rather than one in alexandrines. The latter metre had become the standard medium of
Neoclassical French verse, and Keats’s choice may well signal his disenchantment with
eighteenth-century literary conventions » (49). Le second chapitre, très touffu,
consacré à l’apprentissage du français, brasse une matière bien connue, citant les
auteurs masculins et féminins du long XVIIIe siècle qui ont écrit sur l’éducation des filles
et des garçons, et résumant les travaux de divers spécialistes contemporains. Une
typologie claire des écoles qui existaient aurait permis de clarifier le propos. On
distingue une évolution entre le début et la fin du siècle, signalée par Michèle Cohen
dans ses travaux : alors que la conversation (que Locke conseillait comme méthode
d’apprentissage) est recommandée au début de la période, la fin du siècle voit une
prédominance de l’apprentissage par le biais des règles de grammaire. Le troisième
chapitre, intitulé « Coquettes and Galants », se penche sur la traduction des mots
« coquet(te) » et « galant(e) », dans des mémoires tant fictionnels que factuels. Cela
amène une digression sur l’affaire du collier, en lien avec les mémoires de la comtesse
de La Motte – Tomalin a un penchant pour les digressions ; on mentionnera, par
exemple, celle des pages 70-71, qui fournit des informations, d’ailleurs inexactes, sur le
sens premier du mot français « abord ». Le cœur du propos dans ce chapitre est
l’analyse de la traduction des deux mots signalés dans les traductions de deux ouvrages
de mémoires faites par les romancières Charlotte Lennox et Elizabeth Griffith. Il aurait
été intéressant que l’analyse de traduction ne soit pas seulement lexicale, d’autant que
Tomalin indique que l’adaptation des Mémoires de Ninon de Lenclos par Griffith est une
œuvre composite, centon de divers documents. Pour intéressantes que soient ces
considérations lexicales, il est excessif de résumer ce chapitre en disant qu’il proposait
« a careful assessment of how French memoirs were translated into English » (109). On
reste également perplexe devant l’affirmation suivante (qui vise à mettre en valeur
l’utilité d’une analyse de mémoires, genre relativement négligé par la critique) : « the
popular appeal of French memoirs in Britain throughout the long eighteenth century
undermines the lingering critical stance that British audiences were dismissive of
French literature during this period » (111). Le roman français connut un succès
considérable en Grande-Bretagne au XVIIIe siècle, et on ne voit pas à quoi Tomalin fait
référence. Le chapitre 4 est consacré aux préjugés contre les gouvernantes françaises,
dans la réalité et la fiction, sans que la nature différente des textes soit prise en compte.
Les textes étudiés – ceux de Maria Edgeworth en particulier – furent publiés entre 1790
et 1830. Ici encore, des digressions, par exemple à propos de l’expression « to cut a
dash » ou de la graphie « rosbif », qui n’a rien de surprenant en français.
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Le chapitre 5, intitulé « French Poets and British Reviewers », examine en particulier
les articles de Henry Francis Carey publiés dans le London Magazine entre 1821 et 1825,
où il entreprenait de réévaluer la poésie française médiévale et renaissante, ce qui était
une manière de montrer que la France avait produit autre chose qu’une poésie néoclassique perçue comme rigidifiée par des règles très strictes. Pendant à cet intérêt
pour une poésie ancienne, celui que les Britanniques éprouvaient pour la poésie
française romantique, défendue dans divers périodiques par Thomas Grattan. Le
chapitre suivant s’intéresse à Hazlitt : après des spéculations sur sa maîtrise du
français, Tomalin, qui est spécial (...truncated)